Le syndrome de l’œil sec est le problème oculaire le plus fréquent en Amérique du Nord. Les personnes souffrant de sécheresse des yeux ont les yeux brûlants, irrités ou fatigués. Le syndrome de l’œil sec apparaît lorsque les larmes sont trop peu abondantes ou de qualité insuffisante. Les utilisateurs d’ordinateurs et les femmes ménopausées souffrent davantage de ce syndrome. Heureusement, il est souvent possible de prévenir le syndrome de l’œil sec et il se traite facilement.
Qu’est-ce que le syndrome de l’oeil sec?
Les gens clignent des yeux 15 fois par minute en moyenne. Lorsque ce rythme ralentit, les yeux donnent l’impression de frotter ou d’être brûlants ou fatigués, et ils rougissent. La couche protectrice de larmes s’assèche et l’œil devient vulnérable aux infections et aux traumatismes. C’est ce qu’on appelle le syndrome de l’œil sec.
Le fait de ne pas assez cligner des yeux est l’une des causes du syndrome de l’œil sec, le principal problème oculaire en Amérique du Nord. Environ dix millions d’Américains en souffrent. Le problème est plus courant chez les femmes, tout particulièrement après la ménopause. Environ 60 % de la fatigue oculaire est causée par la sécheresse des yeux.
Les larmes humectent et lubrifient l’œil. Elles sont importantes pour la santé des yeux et la clarté de la vision. Il se produit une sécheresse des yeux lorsque les larmes sont de piètre qualité ou qu’il n’y en a pas assez pour protéger la surface de l’œil.
Les personnes qui se plaignent du syndrome de l’œil sec ont de la difficulté à porter des lentilles de contact. Elles peuvent même produire moins de larmes lorsqu’elles pleurent. Lorsque le problème est sérieux, les personnes atteintes peuvent devenir sensibles à la lumière ou avoir une vision trouble.
Sans un film protecteur de larmes, la surface de l’œil s’égratigne facilement et devient vulnérable aux infections. Heureusement, votre spécialiste des yeux a plusieurs solutions à vous proposer pour le traitement des yeux secs. Grâce aux soins appropriés, les personnes souffrant du syndrome de l’œil sec peuvent éviter les dommages aux yeux et la perte de vision.

Pour détecter ce syndrome, le spécialiste des yeux effectue quelques tests simples au moment de l’examen annuel des yeux.
Certains médecins ont recours à un test à la fluorescéine. Ils déposent une gouttelette de colorant jaune dans l’œil et comptent les secondes que met la pellicule de larmes à se séparer. Si le temps est inférieur à dix secondes, la personne a les yeux secs. Parfois, le colorant jaune colorera temporairement l’œil. Vus au biomicroscope, les yeux secs ont l’aspect d'une peau sèche et craquelée.
Dans l’épreuve au rose Bengale, un colorant rougeâtre-pourpre est utilisé pour détecter les yeux secs. Au cours du test de Schirmer, le médecin touche le bord de la paupière inférieure avec un papier-filtre et peut ainsi mesurer la production de larmes.
Certaines personnes sont plus susceptibles d’avoir les yeux secs. Ainsi, les utilisateurs d’ordinateurs, qui clignent des yeux moins souvent (quatre clignements comparativement à 15 pour la normale), souffrent souvent du syndrome de l’œil sec. Plus de femmes que d’hommes ont les yeux secs. Enfin, les personnes souffrant d’allergies et les porteurs de lentilles de contact auront plus de chances d’en être atteints.

Les larmes sont essentielles à la santé des yeux et à la clarté de la vision. Une mécanique imparfaite (pas assez de clignements en lisant ou en travaillant à l’ordinateur) ou le milieu ambiant (air sec, vent, poussière ou soleil) peuvent assécher les larmes plus vite qu’elles ne sont produites.
Certains sont incapables de fabriquer assez de larmes pour protéger l’œil. Chez d’autres, il manque quelques éléments importants pour la fabrication de larmes.
Avec l’âge, les yeux produisent normalement moins de larmes. Environ 75 % des personnes de plus de 65 ans ont les yeux secs. La ménopause, qui affecte les taux d’œstrogènes de l’organisme, peut causer la sécheresse des yeux.
Des problèmes de santé tels que l’arthrite peuvent également influer sur les larmes. Environ trois millions d’Américains ont les yeux secs en raison du syndrome de Gougerot-Sjögren. Ce trouble immunitaire affecte les glandes lacrymales, qui produisent les larmes.
Certains médicaments, notamment les contraceptifs oraux, les antibiotiques, les diurétiques, les antihistaminiques, les antidiarrhéiques, les produits contre l’acné, les antihypertenseurs et les antidépresseurs, peuvent interférer avec la production de larmes.
Au travail, l’exposition à des produits chimiques ou à la chaleur peut assécher les yeux.
La forme du visage, les troubles des paupières ou les contours de la surface de l’œil peuvent avoir une incidence sur la capacité couvrante des larmes. Certaines maladies des yeux peuvent désensibiliser la surface de l’œil et mener à une baisse de la production de larmes.
Dans tous ces exemples, les larmes ne parviennent pas à nettoyer et à lubrifier l’œil. La qualité ou le volume de larmes n’est pas suffisant pour protéger la surface des yeux.

Grâce aux soins et aux traitements appropriés, les personnes victimes de sécheresse des yeux peuvent éviter l’inconfort, les infections et les traumatismes des yeux.

Dans la plupart des cas, les larmes artificielles sont la solution au problème des yeux secs. Elles sont en vente libre dans la plupart des pharmacies. Les larmes artificielles sont différentes des gouttes qui soulagent la rougeur oculaire; celles-ci ne sont pas recommandées pour le syndrome de l’œil sec. Des pommades hydratantes, souvent appliquées au coucher, sont parfois prescrites par les spécialistes des yeux.
Les larmes artificielles ajoutent du volume, de sorte que les larmes arrivent à chasser les micro-organismes et les particules de poussière qui peuvent infecter l’œil ou en égratigner la surface. La plupart des préparations de larmes artificielles sont utilisées trois ou quatre fois par jour. Les larmes artificielles sans agent de conservation sont employées au besoin, sans restrictions. Si elles sont trop claires, les larmes artificielles ne durent pas longtemps. Trop épaisses, elles brouillent la vision. Comme les larmes artificielles diffèrent par leur composition, il faut parfois en essayer plusieurs marques avant de trouver celle qui convient. Ces produits constituent le premier moyen de défense contre les yeux légèrement ou moyennement secs.

Le point lacrymal est l’orifice du canal d’évacuation de l’œil. L’œil comporte deux points lacrymaux; ils sont situés sur le bord des paupières supérieure et inférieure dans le coin tout près du nez. Lorsque la paupière est délicatement abaissée, on peut apercevoir ces minuscules orifices.
Le clignement des yeux crée un vide qui aspire les larmes dans les points lacrymaux. Les larmes sont ensuite acheminées jusqu’à la gorge par l’intermédiaire des canaux lacrymo-nasaux. Un écoulement postnasal, une toux chronique ou des sinus congestionnés indiquent un trop-plein de larmes dans le système d’évacuation, un problème fréquent avec les yeux secs.
De minuscules bouchons de silicone peuvent être utilisés pour fermer les points lacrymaux. Ils sont mis en place manuellement par un médecin, en général dans le point lacrymal inférieur pour empêcher les larmes de s’écouler par gravité. Lorsque ces bouchons sont utilisés, il y a 88 % moins de larmes qui s’écoulent de l’œil. Cette opération indolore ne prend que quelques minutes. La personne ne peut voir ou sentir les bouchons.
Les bouchons de collagène se dissolvent en quatre à sept jours. Il s’agit d’une solution temporaire qui permet au médecin de voir si la fermeture des points lacrymaux préviendra le problème des yeux secs.
Les bouchons peuvent être efficaces si le problème de sécheresse concerne la couche intermédiaire aqueuse des larmes. Comme les bouchons coûtent quelques centaines de dollars, on les réserve généralement à une sécheresse des yeux allant de modérée à sévère.

La chaleur peut sceller de façon permanente le point lacrymal, empêchant ainsi l’écoulement des larmes. Au cours de la cautérisation par la chaleur, le spécialiste des yeux applique un anesthésique. Ensuite, il insère le bout de la tige chauffée de l’appareil à cautériser dans le point lacrymal puis la retire lentement. Il peut y avoir une cicatrice. L’opération est irréversible.
La fermeture du point lacrymal peut se faire au laser mais cette opération est coûteuse, soit plus de 1 000 $ US. Il y a moins de tissu cicatriciel mais les orifices se débouchent spontanément dans 20 % des cas.

Avant d’opter pour une solution médicale pour régler votre problème d'yeux secs, vous pouvez essayer quelques mesures que vous suggérera le médecin.

Pensez au clignement comme à un essuie-glace. Normalement, les gens clignent des yeux de 15 à 18 fois par minute. En revanche, les personnes qui travaillent à l’ordinateur clignent des yeux seulement trois ou quatre fois par minute! Pas étonnant que leurs yeux soient secs!

Placez une compresse chaude sur vos yeux. Massez délicatement la paupière supérieure en appuyant sur l’os supérieur pendant cinq à dix secondes. Massez la paupière inférieure en appuyant contre l’os inférieur pendant une période similaire. Un massage quotidien des paupières stimule l’activité des glandes lacrymales sous les paupières et accroît ainsi la qualité des larmes.

Les diurétiques naturels, par exemple le café, le thé, l'alcool et le chocolat, peuvent favoriser la sécheresse des yeux. Buvez au moins huit verres d’eau par jour.
Ajustement de la dose des médicaments
Les yeux secs peuvent être un effet secondaire d’un médicament. Une diminution de la dose peut résoudre le problème.
Contrôle du milieu ambiant
On peut prévenir la sécheresse des yeux en installant un humidificateur à la maison ou au travail, en optant pour un éclairage incandescent plutôt que fluorescent, en baissant le chauffage ou en diminuant l’exposition à la fumée ou aux al /// [incomplet]

Lorsqu’elles ne sont pas nettoyées ou mouillées correctement, les lentilles de contact peuvent assécher les larmes de la surface de l’œil. Les produits d’entretien des lentilles ne contenant aucun agent de conservation peuvent être plus confortables pour les personnes qui ont les yeux secs.

À chaque clignement, les larmes humectent l’œil. Elles chassent la poussière et les micro-organismes qui peuvent égratigner la surface de l’œil ou causer une infection.
Les larmes sont composées de trois couches : une couche externe huileuse, une couche intermédiaire aqueuse et une couche interne de mucus. La sécheresse des yeux peut résulter d’un déséquilibre entre ces couches et d’une distribution inégale des larmes sur l’œil.
La couche externe huileuse (lipidique) provient des glandes de Meibomius et des glandes de Zeis. Ces minuscules glandes s’étendent sur le bord de la paupière. La couche externe a trois fonctions :
1. ralentir l’évaporation de la couche intermédiaire aqueuse;
2. augmenter la tension de surface afin que les larmes ne débordent pas;
3. lubrifier la paupière au cours des clignements.
La couche intermédiaire aqueuse, plus volumineuse, est produite par la glande lacrymale, située sous un os près du nez, et par les glandes de Krause et de Wolfring, situées sous les paupières. Voici les fonctions de la couche intermédiaire :
1. fournir de l’oxygène à la surface de l’œil;
2. combattre les infections à l’aide d’antibiotiques naturels tels que la lactoferrine et le lysozyme;
3. agir comme agent de remplissage de manière à rendre uniforme la surface de l’œil;
4. chasser les débris comme les cellules mortes.
La couche interne de mucus (mucine) est produite par les cellules caliciformes, les cryptes de Henle et les glandes de Manz, toutes situées dans la membrane transparente (conjonctive) recouvrant la majeure partie du globe oculaire et tapissant l’intérieur des paupières. Cette mince pellicule aide les larmes à s’étendre uniformément sur la surface de l’œil. Sans la couche interne, les autres couches formeraient de petites gouttelettes au lieu d’une pellicule lisse.
Pour en savoir plus :
http://www.youreyesite.com/red-dry-eyes.htm
http://www.eyebrowser.com
http://www.dryeye.org
National Eye Institute: http://www.eri.harvard.edu/htmlfiles/dryeye.html
All about dry eyes. Visual Eyes vol. 1, no 2 (mai 1998), p. 34.
