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Le sens de la vue

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Le sens de la vue

Le sens de la vue

Vous est-il déjà arrivé de saliver en regardant la photographie d’une tranche de citron fraîchement coupée ou de chocolat fondant – même s’il n’y avait aucun aliment à proximité? Ou encore de voir surgir dans votre esprit l’image d’enfants en train de jouer en respirant l’odeur des feuilles mortes en automne? Ressentez-vous de légers picotements à la vue d’un tricot de laine rugueuse? Mangeriez-vous de la laitue molle et brunâtre? Toutes ces associations sont des exemples de la façon dont nous utilisons nos cinq sens pour constituer un catalogue mental d’images nous permettant de reconnaître les objets et leurs contextes.

Cependant, de nos cinq sens, celui que nous utilisons plus que tout autre est la vue. Environ 80 % de toute l’information que nous absorbons passe par nos yeux. Et ce n’est pas étonnant. De tous nos organes sensoriels, ce sont les yeux qui possèdent la plus grande capacité d’amasser des informations détaillées et sur la plus grande étendue. Ainsi, pour goûter ou pour toucher, il faut établir un contact avec l’objet de notre curiosité. Quant au sens de l’odorat, bien que les odeurs puissent voyager, il faut être relativement près pour les percevoir. L’ouïe? Elle est peut-être un peu plus sensible, mais nous avons besoin d’un téléphone ou d’une radio pour entendre des sons provenant d’aussi loin que nous pouvons voir sur terre — et bien au-delà, comme lorsque nous regardons les étoiles dans le firmament et que nos yeux captent la lumière scintillante qui leur parvient après des milliers d’années de voyage dans l’espace.

La vision centrale chez les humains


La vision centrale chez les humains

La vision n’a pas évolué de la même façon chez toutes les espèces. Ainsi, les chevaux ont une vision latérale exceptionnelle qui leur permet de balayer l’horizon rapidement à la recherche de prédateurs, et les chats ont une excellente vision verticale particulièrement utile pour grimper aux arbres et regarder vers le bas. Certaines espèces d’oiseaux voient dans l’ultraviolet, ce qui les aiderait à se diriger en vol. Quant à nous, les humains, nous jouissons d’une excellente vision centrale en couleur qui nous permet de reconnaître les détails de notre environnement immédiat.

Dans l’œil humain, la majorité des cônes, les cellules qui nous permettent de voir en couleur, sont regroupés au milieu de la rétine (le tissu de l’œil qui « voit »), ce qui signifie qu’une fois que nos yeux ont fait la mise au point sur un objet, notre vision centrale nous permet de capter instantanément et en détail sa forme, sa texture et sa couleur. Cependant, l’image formée sur la rétine disparaîtra après quelques instants. Pour maintenir la stimulation, les yeux balaient instinctivement l’objet de leur attention afin de conserver la mise au point. La fascination des détails qui nous accompagne toute notre vie durant se développe au cours de la première enfance, en même temps que notre capacité de bouger nos yeux, de suivre des objets en mouvement et de faire la mise au point.




La faculté de percevoir du coin de l’œil est la vision périphérique.

À l’instar de bien des animaux, les humains utilisent leurs yeux comme principal moyen de surveillance de leur environnement. Nous sommes incapables de scruter l’horizon avec la précision et l’aisance des chevaux par exemple, mais la quantité d’informations que nous pouvons recueillir du coin de l’œil est réellement impressionnante. La faculté de percevoir du coin de l’œil est la vision périphérique.

Les cellules à bâtonnet concentrées au pourtour de la rétine sont responsables de la sensibilité de notre vision périphérique, grâce à laquelle nous percevons les plus infimes changements de luminosité et les mouvement les plus discrets. Ainsi, les bâtonnets nous donnent une vue panoramique détaillée de notre environnement pendant que notre vision centrale est occupée ailleurs. Si un changement se produit, nous pouvons rapidement bouger nos yeux et concentrer notre vision centrale sur ce qui sollicite notre attention. C’est à ce moment que les muscles de nos yeux et la vision binoculaire entrent en jeu.




Que voyez-vous?

Dans la vision binoculaire, les images reçues par les deux yeux se combinent en un clin d’œil en une seule. Pour que l’image formée soit au point et qu’il n’y ait pas de dédoublement, il faut qu’elle tombe en des points correspondants sur la rétine de chaque œil. Pour assurer une vision binoculaire au point, six muscles attachés à notre globe oculaire bougent de façon concertée. Ces muscles sont en mesure de faire se déplacer l’œil dans toutes les directions des milliers fois par jour. Ils sont actifs même durant notre sommeil!

Pour faire la mise au point sur des objets situés à proximité, les deux yeux convergent (se rapprochent). Ils divergent (s’éloignent) pour faire la mise au point sur des objets éloignés. Les faibles différences dans les angles des images que nous captons des deux yeux sont responsables de la vision en trois dimensions. Mais notre capacité de voir en trois dimensions — la vision stéréoscopique — n’atteint son plein développement que vers l’âge de six ou sept ans. Qu’est-ce qui explique ce délai? C’est que nos yeux ne nous disent pas ce qu’ils voient, c’est nous qui devons leur dire quoi chercher!

Les personnes qui ne voient complètement que d’un œil sont des exemples fascinants de la capacité de notre cerveau à créer des illusions d’optique. Bien que ces personnes n’aient pas leurs deux yeux, elles ne voient pas nécessairement le monde en deux dimensions (image plate). À l’aide de la luminosité, des ombres, des couleurs, des dimensions relatives des objets familiers et d’une vaste expérience sensorielle, un œil suffit souvent à percevoir la profondeur avec une grande précision.

Essayez les illusions d’optique présentées ci-dessus avec les deux yeux, puis avec un seul.




Voir et apprendre en trois dimensions?

La moitié du cerveau humain est consacrée au traitement de l’information visuelle, ce qui nous permet de percevoir jusqu’à 100 lettres par seconde lorsque nous balayons un texte rapidement du regard. Cela représente 100 bits par seconde en données binaires. Pas trop mal! Mais saviez-vous que nous pouvons absorber l’équivalent d’un milliard de bits d’information par seconde simplement en regardant un objet tridimensionnel?

C’est en trois dimensions et lorsque nos autres sens participent d’une manière ou d’une autre que notre cerveau fonctionne de manière optimale. Malheureusement, la plus grande partie de l’information qu’on nous demande d’assimiler se présente en deux dimensions, sur des feuilles et des écrans. C’est pour cette raison que la réalité virtuelle interactive pourrait bien être l’instrument d’apprentissage et de formation de l’avenir. En comprenant tous les avantages dont la Nature nous a dotés, la science sera peut-être en mesure de nous aider à les utiliser à leur pleine capacité.




La persistance rétinienne

Les aveugles peuvent-ils voir? Un jour, la réponse à cette question pourrait être positive pour certains d’entre eux. En effet, des expériences ont révélé qu’en stimulant la rétine à l’aide de séquences préprogrammées d’ultrasons, il était possible de faire voir à certains aveugles des silhouettes et des images en noir et blanc.

Une rétine en bonne santé possède une capacité naturelle à retenir les images; c'est ce que l’on appelle la persistance rétinienne. C’est ce qui nous permet de voir l’image qui défile au cinéma comme si elle était continue. Un projecteur envoie environ 24 images fixes par seconde à l’écran. Mais chaque image arrive à l’œil avant que l’image précédente n’ait disparu de la rétine, de sorte que la deuxième semble se fondre dans la première.

Par conséquent, s’il est possible de numériser des images et de les traduire en ultrasons capables de stimuler la rétine et le cerveau, nous pourrions bien assister à la naissance d’un nouveau sens étonnant chez l’homme — la vision virtuelle!

Pour en savoir plus

Le goût et la vue : http://www.mayohealth.org/mayo/9707/htm/taste.htm

La perception et les sens : members.aol.com/osleye/eyeworks.htm

L’apprentissage et la vue : http://www.aoanet.org/

Sources

Adler, R., I. Adler. Your Eyes. New York (NY) : The John Day Company, 1992.

Begbie, G.H. Seeing and the Eye: An Introduction to Vision. Garden City (NY) : National History Press, 1996.

Cohen, N.S. Out of Sight into Vision: There is More to Good Vision than Reading the Fine Print. Toronto : Collier Macmillan Canada, 1997.

Kwiko, M.L. Eyes. Toronto : Key Porter Books, 1994.

Rainwater, J. Vision: How, Why and What We See. New York (NY): Golden Press; 1992.




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